FIV avec don d’ovocytes: Qu’est-ce que c’est et comment ça fonctionne?

Contrairement à la fécondation in vitro (FIV) classique dans laquelle on utilise les ovules de la future maman, le don d’ovocytes est une technique de FIV par laquelle on utilise les ovules d’une donneuse dans le but d’obtenir des embryons. Ceux-ci seront par la suite transférés à l’utérus de la patiente ou receveuse.

Nous abordons dans cet article la FIV avec don d’ovocytes (FIV-DO) et sperme du partenaire de la receveuse. En effet, s’il était besoin de recourir à un don de sperme, par exemple en cas de mauvaise qualité séminale, il faut savoir que la FIV double don (don d’ovules et de sperme) n’est pas une technique autorisée en France.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Dans quels cas a-t-on recours à une FIV-DO ?

Le don d’ovocytes est particulièrement recommandé pour les femmes qui se trouvent dans l’une des situations suivantes :

  • Échecs répétés en cycles de FIV classique : les principales raisons qui empêchent d’obtenir une grossesse dans le cadre d’un traitement de FIV sont une faible réponse à la stimulation ovarienne, une mauvaise qualité des ovules et/ou des embryons, un échec de la fécondation et/ou de l’implantation (nidation) ou un avortement spontané (fausse couche).
  • Femmes présentant une anomalie génétique susceptible d’être transmise à la descendance.
  • Réserve ovarienne faible ou absence de fonction ovarienne : il peut s’agir d’une insuffisance ovarienne primaire (IOP) ou de la ménopause.

Une FIV-DO est également très conseillée pour les femmes d’un certain âge, car la probabilité d’altérations chromosomiques du fœtus ainsi que la probabilité d’avortement augmentent considérablement après 40 ans.

Les chances de réussite de grossesse avec des ovules à soi diminuent beaucoup. C’est ainsi que l’usage d’ovules donnés peut être la solution reproductive qui ouvre à ces femmes la possibilité de la maternité.

Procédure à suivre pour la receveuse

Étant donné que les ovules ne proviennent pas de l’organisme de la femme qui va tomber enceinte (la receveuse), ce n’est pas elle qui passe par la première étape de la fécondation in vitro : la stimulation du cycle ovarien et la ponction folliculaire.

Omettre cette étape implique de supprimer la forte médication hormonale nécessaire à la stimulation, ainsi que la petite intervention chirurgicale que suppose la ponction. Cependant, il va être indispensable de préparer l’endomètre de la receveuse pour le transfert embryonnaire.

Pour favoriser la nidation de l’embryon après son transfert dans l’utérus de la receveuse, il est indispensable que l’endomètre présente un aspect trilaminaire et une épaisseur approximative de 7 à 10 mm. Pour y arriver sans avoir ovulé, la receveuse doit prendre des hormones de substitution :

  • Œstrogènes : on les administre à partir du premier jour des règles.
  • Progestérone : on l’administre environ 36 heures avant, ou le jour même du transfert embryonnaire.

Dans certains cas, on profite du cycle naturel de la patiente pour éviter de lui donner des œstrogènes. Le traitement hormonal se réduit donc à la seule progestérone, bien que ce soit peu fréquent dans le cadre d’une FIV-DO.

Ovocytes frais ou congelés ?

Pour pouvoir utiliser des ovocytes provenant d’une donneuse, une fécondation in vitro est nécessaire. L’insémination artificielle seule est impossible, car les ovules extraits de la donneuse doivent obligatoirement être fécondés en laboratoire.

Le traitement de FIV-DO varie légèrement selon que les ovocytes sont recueillis frais ou s’ils subissent un processus de vitrification :

  • Ovules frais : dans ce cas, il sera nécessaire de synchroniser les cycles ovariens de la donneuse et de la receveuse. Pour cela, la donneuse doit débuter la stimulation ovarienne au moment où la receveuse commence son traitement de préparation de l’endomètre. Ainsi, le transfert des embryons pourra être programmé tant en fonction de la maturation de l’ovaire, de la fécondation et du développement des embryons qu’en fonction de l’aspect de l’endomètre de la receveuse.
  • Ovules congelés : après la stimulation ovarienne de la donneuse et l’extraction des ovules par la ponction folliculaire, ceux-ci seront vitrifiés. Lorsque la receveuse suivra son traitement hormonal et qu’elle présentera les caractéristiques optimales pour la nidation, les ovules de la donneuse seront dévitrifiés, fécondés et transférés à l’utérus de la receveuse à l’état embryonnaire.

Chaque option a ses avantages et ses inconvénients : d’un côté, il n’est pas évident de synchroniser les cycles des deux femmes ; de l’autre, la vitrification peut empirer la qualité des ovocytes.

Il faudra choisir la meilleure option en fonction de chaque patiente et des conditions de chaque clinique de procréation médicalement assistée (PMA).

Loi sur le don d’ovocytes

En France, le don d’ovocytes est autorisé pourvu qu’il demeure anonyme et totalement altruiste. Aucune compensation d’ordre économique n’est autorisée et les donneuses se font rares, ce qui entraîne de longs délais d’attente. Pour cette raison, beaucoup de Françaises reçoivent leur FIV-DO à l’étranger, et peuvent même bénéficier d’une prise en charge de la Sécurité Sociale sous certaines conditions.

En France, comme en Espagne, à Chypre, en Grèce, en République tchèque ou au Portugal, l’anonymat est total et permanent. Dans d’autres pays, comme par exemple le Royaume-Uni, l’enfant une fois majeur peut avoir accès à une description personnelle et un message laissé à son intention par la donneuse elle-même. Enfin, des pays comme les États-Unis permettent l’accès à l’identité du donneur et laissent la porte ouverte à la possibilité de le connaître personnellement.

Selon la législation et le développement des techniques de procréation assistée, tous les traitements ne sont pas toujours possibles dans tous les pays.

Nous vous aidons à trouver la clinique la mieux adaptée à vos besoins en remplissant gratuitement notre formulaire d’aide au don d’ovocytes : Devis personnalisé de don d’ovocytes et traitements.

Quant à la rémunération, certains pays autorisent une compensation à la donneuse pour la gêne et les risques encourus. En Espagne, la somme est régulée par le Ministère de la Santé et se situe entre 8 000 et 10 000 euros.

Vos questions fréquentes (FAQ)

Quels sont les taux de réussite d’une fécondation in vitro avec don d’ovocytes ?

L’âge de la femme est déterminant pour les chances de grossesse dans n’importe quel traitement de PMA. Par exemple, pour les femmes de plus de 40 ans, le taux de réussite d’une insémination intra-utérine est en moyenne de moins de 5% par cycle. Concernant la FIV, plus effective, les statistiques indiquent 20% de réussite par cycle.

La FIV-DO permet de multiplier les chances de grossesse en utilisant les ovules d’une femme entre 20 et 30 ans.

Quels sont les risques de tomber enceinte de jumeaux avec le don d’ovules ?

Comme pour une FIV classique, la possibilité d’une grossesse multiple se doit au transfert de plus d’un embryon pour multiplier les chances de grossesse. Le don d’ovocytes n’augmente donc pas ce risque. La solution est de limiter le transfert à un seul embryon viable, mais cela réduit aussi les chances de nidation.

Combien de tentatives de FIV-DO peut-on réaliser ?

Le nombre de tentatives de FIV-DO est le résultat de la volonté de la receveuse et du gynécologue. En France, la Sécurité Sociale peut rembourser jusqu’à 4 essais de transfert embryonnaire après FIV, que celle-ci soit classique ou le résultat d’un don.

Cependant, le nombre de tentatives par don d’ovocytes se voit limité dans les faits par la mise sur liste d’attente, d’où le succès de la FIV-DO à l’étranger. Dans ce cas, il s’agira plus d’une question de budget et de risques pour la santé. Il faut tenir compte que l’on essaie en général la FIV-DO après plusieurs tentatives préalables de FIV classique.

Peut-on transmettre une maladie génétique en recourant au don d’ovocytes ?

La FIV-DO est particulièrement prescrite quand il existe un risque que la future maman transmette une anomalie génétique à son enfant. Le don d’ovocytes permet précisément d’éviter la transmission de maladies génétique à la descendance.

La donneuse est sélectionnée en fonction de son âge (elle doit être jeune) et de son état de santé. Elle doit surmonter des tests génétiques. Le risque de transmission d’une maladie génétique est donc minime, pour ne pas dire nul.

Concernant la sélection des donneuses d’ovocytes, vous pouvez consulter notre article: Conditions pour le don d’ovules.

2 commentaires

  1. usuario
    Myriam

    Bonjour. Je n’avais jamais entendu parler de la possibilité de donner ses ovules, jusqu’à ce que ma cousine ait besoin d’un don d’ovocytes. Par solidarité avec elle, dans ce moment difficile qu’elle est en train de passer, j’aimerais bien faire don. Comment ça se passe? Où dois-je aller?
    Merci d’avance.

    • avatar
      Isabelle GuttonConseillère en fertilité

      Bonjour Myriam, et tout d’abord merci pour ce geste solidaire.

      Je vous conseille de commencer par consulter notre article : Conditions pour le don d’ovules.

      Si vous remplissez les critères demandés, sachez que tous vos frais seront pris en charge, même s’il est possible que vous deviez en avancer certains. Vous serez également accompagnée, dans toutes les étapes du don, par l’équipe du centre qui s’occupera de vous. Adressez-vous à l’Agence de la biomédecine, qui vous indiquera le centre spécialisé le plus proche de votre domicile.

      Merci encore pour ce beau geste.